Issu d'une famille banyulencque, Guillaume Clavaud est journaliste à l'Indépendant et auteur du roman « Le banyuls tourne au vinaigre ». Candidat d'Europe écologie- Les Verts aux élections
cantonales, il a accepté de répondre à quelques questions:
VD - Vous avez de la famille à Banyuls, avez-vous grandi à Banyuls?
GC - A moitié. J'ai grandi dans la région parisienne mais je viens à Banyuls depuis toujours.
VD- Quel est votre parcours professionnel?
GC-Je suis journaliste depuis 1993. J'ai débuté au Paris-Normandie. Ensuite j'ai travaillé pour la Semaine du Roussillon et depuis 2000 je suis à l'Indépendant.
VD- Pourquoi avez-vous souhaité entrer en politique ?
GC- J’ai envie d’être au service de la population, d’être un porte-voix, un relais et ce, en toute impartialité. A Europe Ecologies-Les Verts, l’impartialité est une valeur fondamentale qui
passe, selon nous, par un mandat unique. On ne doit pas faire de différence entre les communes du canton.
VD- Dans votre programme, vous mettez l'accent sur le tourisme pour le développement du canton, pourtant, vous êtes contre le projet de restructuration du port de Banyuls qui cible le tourisme de
plaisance?
GC- Ce projet est, selon moi, une privatisation déguisée du port de plaisance et une opération immobilière: 150 anneaux-150 villas, voilà ce qui a été annoncé. Par ailleurs, la capacité d'accueil
et de services de Banyuls n'est pas adaptée à l'arrivée d'une clientèle ayant des yachts de 30 mètres. C'est de plus un tourisme réduit dans le temps car saisonnier. Je pense qu'il est préférable
de privilégier le tourisme familial attaché à Banyuls depuis de nombreuses années. Ensuite, il est impératif de travailler en synergie avec les communes du canton. L'accueil de grands yachts se
fait déjà sur le port de Port- Vendres. Enfin, ce projet n'a pas été discuté avec la population. Et un des points prônés par Europe Ecologies-Les Verts est la concertation, le dialogue avec les
habitants du canton.
VD- Vous êtes également pour le maintien du CHM comme source d'emplois, que pensez-vous du projet du maire actuel de créer un centre pour sportifs de haut niveau qui allierait emploi et
tourisme?
GC- Ce n'est, parait-il, plus à l'ordre du jour. La maison de retraite devrait à présent y déménager. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas opposé par principe à un quelconque projet mais il est
nécessaire qu'une étude complète et précise soit proposée, ce qui n'est, pour le moment, pas le cas.
VD- Il ne reste qu'un chalutier à Port-Vendres et la criée va fermer. Que comptez- vous faire pour aider la pêche sur le canton?
GC- Les petits pêcheurs et les chalutiers font parti de notre patrimoine local. Il est important de les aider. Ils sont, avec la viticulture, notre carte d'identité. Il faut rénover la zone de
carénage à Port-Vendres, remplacer le roulev (appareil de levage), structurer le vente et l'écoulement des produits de la pêche, monter des dossiers pour demander des subventions à l'Europe
notamment. 20 millions d'euros ont déjà été dépensés pour le 3e quai à Port-Vendres alors que rien n'a été fait. Avec cette somme, des aides auraient pu être amenées aux pêcheurs du canton.
VD- Vous mettez l'accent sur une politique d'aide et de soutien aux personnes âgées en prônant, entre autres, le maintien à domicile. Ce point fait aussi partie du programme d'autres candidats
comme Jean-Pïerre Roméro. En quoi vos propositions diffèrent-elles des autres candidats?
GC- Je n'ai pas bâti mon programme en fonction des autres. Le maintien à domicile coûte moins cher que les maisons de retraite et crée davantage d'emplois (50 employés à l'ADMR de Cerbère et
Banyuls). De plus, tous les services à la personne sont impliqués; infirmiers libéraux, médecins, kyné, coiffeurs, femmes de ménage...C'est une très bonne solution d'autant plus que ces emplois
sont non-délocalisables et tant mieux si les personnes âgées peuvent aider les jeunes!
VD- Dans votre programme, vous parlez de bio à la cantine et en viticulture. Lors de votre campagne, vous avez rencontré les viticulteur du cru Banyuls. Que pensent ces derniers de la viticulture
bio sur notre canton?
GC- Bien sûr, je rêverais d’un cru Banyuls bio mais je ne suis pas un intégriste du bio immédiat et je suis conscient que le désherbage est très compliqué sur Banyuls. Les viticulteurs
aussi sont conscients du problème écologique du désherbage et font preuve de bonne volonté. Les traitements ont d’ailleurs considérablement diminué. Je pense qu’il est important de
réfléchir ensemble sur le cru. Nous devons avoir une politique commune en termes de viticulture. En ce sens, le Conseil général peut aider en coordonnant les projets et en donnant de
l’impulsion.